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Sujet du débat : La poésie doit-elle être innovante ?

Proposé par Martial Montignies

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Commentaires  

 
+2 #1 Anas Layachi 25-11-2010 05:04
La poésie ne cesse de progresser et d'évoluer selon les périodes. Aussi ici il n'est pas question de ce demander si la poésie doit être innovante mais plutôt de ce que chaque période a pu apporté à la poésie. C'est un art en progression et métamorphose continuelles, aujourd'hui beaucoup de poètes travaillent en vers libres et à leur façon inventent de nouvelles architectures...

Aussi je pense que la poésie ne cesse d'innover et que par définition elle ne peut être qu'innovante et non répétitive ou habituelle.
 
 
+3 #2 Clovis Lepage 28-11-2010 21:20
Il se trouve que la poésie, à mon sens, au même titre que le roman ou les autres formes artistiques, n'est qu'évolutive, au sens où même un poète qui écrirait en alexandrins aujourd'hui NE PEUT PAS être lu de la même manière qu'un auteur du XIX, justement du fait que le contexte historique a changé. Et sur ce point je pense que je rejoins Anas Layachi^^
 
 
-1 #3 Maxim le fer 03-12-2010 14:15
C'est plus pareil aujourd'hui : c'est la conclusion de la modernité : on doit prouver qu'on n'a rien à défendre, on est dans l'ailleurs, dans le tout possible.
La poésie est sortie du langage commun, quand un Ronsard finement ciselait ce qu'il y avait à voir à prendre.

On a trop rêvé et les poètes utopistes sont insupportables.

C'est l'art d'être perdu, de se perdre exprès et de se débattre, c'est l'art d'être insupportable et de voir ce qui sort.
Il n'opère pas, comme les romanciers à la Houellebecq, de dissociation en vue de mieux voir, non: le poète tape au hasard jusqu'à prendre des mots pour un vécu.
C'est Artaud qui s'est calmé et qui touche du joli, sans faire exprès!

Innovante, oui, non, c'est agaçant : tout est agaçant; c'est le monde en tout cas qui innove et la poésie qui suit, plus narcissique, plus pourrie, plus agitée, plus vagabonde, moins respectueuse, c'est la poésie du hasard quand on est moderne, c'est l'auto-dialogue étalé quand on est vulgaire, et on peut l'être...

Innovant c'est pas le mot évidemment : c'est avec son temps. S'il s'agit d'être
"in aux vents",
en revanche...
 
 
+1 #4 Philippe Kersantin 04-12-2010 18:16
M. Houellebecq, justement, qui a écrit de nombreux poëmes, pense qu'il ne faut pas toujours essayer de créer de nouvelles formes, et que ces dernières ne sont pas forcément le fruit des plus grands.
En quoi je pense qu'il a parfaitement raison; considérez Virgile, du Bellay, Racine ou Baudelaire (pour n'en citer que quelques uns.)
 
 
-1 #5 Maxim le fer 05-12-2010 10:21
@P. K.

Ce qu'il ne faut pas avant tout c'est essayer. Je veux dire : pas de démarche didactique et laborieuse à moins qu'elle soit transcendée par la pulsion. Rien de plus pénible que d'être dans le rôle du juge de joliesse et de style. Si on s'exprime en alexandrins parce qu'on a appris à le faire et que c'est ainsi que les choses prennent forme naturellement, c'est super. Si on respecte la langue, tant mieux. Et si on ne trouve pas les mots justes parce qu'ils n'existent pas, eu égard à leur signification et à leur sonnorité, ne soyons pas dérangé de s'arranger la langue.

De toute façon, il ne s'agit pas tant de faire sens que de faire évocation. Alors, pourquoi s'astreindre aux liens logiques? Les créférences suffisent et les sons sont porteurs de sens. Si je dis "glapiller", on voit bien la jonction entre les trois ou quatre sens du mot inventé.

Si je dis:

"les glandouilleurs s'agloupient le gland"

, on a un certain nombre de pistes, tout comme les poèmes respectueux de la grammaire offrent plusieurs pistes "d'entendement".
 
 
+1 #6 Philippe Kersantin 07-12-2010 18:42
@ Orphée Gerassi

Absolument pas d'accord avec vous! Pourquoi une démarche "didactique et laborieuse" serait elle à proscrire? Le travail n'est pas un mal, au contraire! Car nos pulsions les plus profondes (pour reprendre encore votre terminologie) ne se révèlent justement pas spontanément.
Quant à votre exemple, voici ce qu'il m'inspire: les glandouilleurs se masturbent, les glandouilleurs s'acroupissent sur leur gland, les glandouilleurs se sucent le gland, s'enduisent le gland et bien d'autres! C'est quand même un peu varié, non? Attention donc à ne pas confondre évocation et flou.
 
 
-1 #7 Maxim le fer 08-12-2010 00:12
ah, c'est intéressant ce que vous dites, tant sur le travail que sur le flou.
ça m'échappe un peu, je vous l'avoue.
Moi je sais que quand je retouche un texte, je ne fais que l'empirer.
Et sur le flou, j'ignorais qu'il est considéré comme un écueil. Je pensais que rien n'est net dans l'esprit : ni la mémoire, ni la vue, ni les sentiments. Il y a des tendances qu'on valide, mais des contours nets...
Peut-être votre démarche est-elle particulière dans en ce que vous appréciez particulièrement la mise au net, par adoration pour la rationnalité. Enfin je ne sais pas, j'essaie de comprendre. Moi plutôt, j'apprécie la transposition précise de l'esprit trouble plutôt que la mise au net de l'esprit, pour la raison que c'est une mission impossible et que la réussite n'en peut-être qu'illusoire.
 
 
+1 #8 Philippe Kersantin 08-12-2010 00:25
@ Orphée Gerassi
Pour le coup, je suis d'accord avec vous: c'est une mission impossible. Mais c'est justement parce que c'est déjà bien assez flou comme cela que je désire être clair. D'autant que le langage est lui-même très flou: les mots ont chacun tant de sens, qui évoquent eux-mêmes tant de choses différentes aux lecteurs!
Pour toutes ces raisons, l'évocation ne peut qu'être imparfaite, et ne peut qu'être floue quoiqu'on fasse. Mais je crois que ce flou est déjà bien suffisant: il faut quand même que le lecteur saisisse quelque chose.
Mais rassurez vous, je n'ai aucune adoration pour la rationalité!
 
 
#9 Rémi Mazaeff-Couston 04-04-2011 17:08
Personnellement, je pense que la poésie est avant tout un moyen de sublimation, de montrer au monde ce que l'on ressent, de faire passer des messages et de pouvoir exprimer avec des mots des sentiments que l'on pensait impossible à faire sortir de notre esprit. Donc qu'elle innove, ou qu'elle n'innove pas, le Beau de cet art lui suffit amplement. Baudelaire est devenu un classique. Quelqu'un qui écrit comme Baudelaire n'innove pas. Et pourtant ... (pas besoin d'une explication plus prolongé je pense).
Je pense sincèrement que le but de la poésie est de faire du Beau. d'abord du Beau, et ensuite on peut y retrouver des messages. Mais d'abord du beau. Qu'il soit flou, qu'il soit travaillé, qu'il innove, ou bien qu'il reprenne des formes plus "classiques", l'art c'est le Beau. Les poètes surréalistes n'écrivaient pas vraiment de choses cohérentes et pourtant un poème de Breton ne peut être qu'une petite merveille.
Le problème de l'innovation c'est qu'à force de chercher à faire du neuf, quelque chose de jamais fait, ça devient laid et âpres. On le voit bien, l'art contemporain (la sculpture notamment) n'est composé, en majorité, que d'horreurs exposé dans des musées parce que "C'est innovant !". L'innovation, à mon sens, dans la poésie, ne se fait pas dans la forme car chacun écris comme lui-même, et jamais comme un autre. L"'innovation dans la poésie, c'est ce qu'on met dedans. C'est le fond. On ne parlera pas de l'amour de la même manière au 18ième qu'au 21ième. Pourtant, on parle toujours d'amour. L'innovation est donc "invisible" si je puis dire, car elle vient des moeurs et cultures (deux facteurs évolutifs dans la vie d'un Homme) de celui qui écris, et non d'une volonté de se dire "Aller je vais innover !". De plus, à toujours chercher le neuf, on en oublie les bases. Et si l'on ne sait plus d'où l'on vient, on ne voit pas où l'on va.
Donc non, la poésie ne doit pas chercher à être innovante, elle doit chercher à être Belle.
 
 
#10 benjisan 12-02-2012 05:18
Oui biensur que la poésie doit être innovante, C'est pourquoi après les fleurs du mal et tout l'héritage poétique contemporain, difficile de revenir en arrière en ressortant des cartons bien rangés les rimes d'un siècle passé.
 
 
#11 benjisan 18-02-2012 06:23
Autre point de détail : une chose belle n'est pas forcément de l'art. La poésie c'est un art et qui dit art dit création, et qui dit création dit innovation. Logique non?
 
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